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Actualités d'avril 2026

Contrat d' apprentissage

rupture immédiate en cas de manquements graves de l'employeur

Rappel des règles applicables

En application de l’alinéa 3 de l’article L. 6222-18 du Code du travail, le contrat d’apprentissage peut être rompu immédiatement pendant les 45 premiers jours de formation pratique à l’initiative de l’employeur ou de l’apprenti.  

Au-delà des 45 jours, le contrat peut être rompu : 

– par accord écrit signé des deux parties,  

– par l’employeur en cas de faute grave ou d’inaptitude de l’apprenti,  

– ou par l’apprenti après saisine préalable du médiateur et respect d’un préavis (information de l’employeur de la volonté de rompre le contrat en respectant un délai d’au moins 5 jours calendaires après la saisine du médiateur + délai de préavis de 7 jours minimum après la date à laquelle l’employeur a été informé (article D. 6222-21-1 du Code du travail).

Quels étaient les faits ayant donné lieu au litige ?

Une apprentie prend acte de la rupture de son contrat d’apprentissage en invoquant une dégradation de ses conditions de travail.  

Elle saisit ensuite le Conseil des prud’hommes afin d’obtenir la requalification de la rupture en un licenciement sans cause réelle et sérieuse.  

Le Conseil de prud’hommes rejette sa demande au motif que cette prise d’acte est intervenue en violation de l’article L. 6222-18 du Code du travail qui ne prévoit pas un tel mode de rupture du contrat d’apprentissage, de sorte que celle-ci est privé d’effet.  

L’apprenti interjette appel de cette décision et la Cour d’appel de Versailles, relevant l’existence de solutions divergentes adoptées par les juridictions du fond quant à la possibilité pour un apprenti de voir requalifier la prise d’acte de son contrat en rupture aux torts de l’employeur produisant l’effet d’un licenciement sans cause réelle et sérieuse, sollicite l’avis de la Chambre sociale de la Cour de cassation sur cette question.  

La question suivante lui est ainsi transmise : la prise d’acte par l’apprenti de la rupture de son contrat d’apprentissage peut-elle être considérée comme un mode de rupture recevable pour mettre fin à son contrat lorsque sont invoqués par l’apprenti des manquements graves de l’employeur ?  

Quelle est la solution dégagée par la Cour de Cassation ?

La Cour de Cour de cassation considère que le formalisme prévu par l’article L. 6222-18 précité doit céder lorsque l’apprenti invoque des manquements graves de l’employeur, rendant impossible la poursuite du contrat.  

Dans une telle hypothèse, il doit en effet pouvoir mettre fin immédiatement au contrat d’apprentissage, sans médiation préalable ni préavis.  

L’avis indique ainsi que : « lorsqu’il invoque des manquements graves de l’employeur rendant impossible la poursuite du contrat d’apprentissage, nonobstant les dispositions de l’article L. 6222-18 du Code du travail prévoyant le respect d’un préavis et la saisine, selon le cas, du médiateur consulaire ou du service chargé de la médiation, l’apprenti peut rompre immédiatement ce contrat, sans que cette rupture soit qualifiée de prise d’acte ».  

La chambre sociale ouvre ainsi une voie autonome de rupture, refusant la qualification de prise d’acte afin de préserver la spécificité du contrat d’apprentissage, mais ouvrant la voie, sans en porter le nom, au mécanisme de la prise d’acte.  

L’avis du 15 avril prévoit en effet, dans un deuxième temps, une saisine du juge prud’homal et un contrôle juridictionnel de l’imputabilité de la rupture : « il appartient alors au juge, prenant en considération les manquements invoqués, d’apprécier la gravité de ceux-ci et de se prononcer sur l’imputabilité de la rupture, ainsi que sur l’octroi de dommages et intérêts ». 

Si le juge estime que les manquements rendent effectivement impossible la poursuite du contrat, il devra donc constater que la rupture est imputable à l’employeur et octroyer à l’apprenti une indemnisation.

Nathalie Audier, juriste
Nathalie AUDIER

Juriste

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index égalité
hommes/Femmes

chez Solucia SPJ

NC : c’est la note obtenue par l’UES pour l’index égalité professionnelle femmes – hommes pour 2025

Indicateur d’écart de rémunération entre les femmes et les hommes : NC

Indicateur d’écart de taux d’augmentations entre les femmes et les hommes : 35/35

Indicateur de pourcentage de salariées augmentées dans l’année suivant leur retour de congé maternité : 15/15

Indicateur du nombre de salariés du sexe sous-représenté parmi les 10 plus hautes rémunérations : 10/10

Poignée homme femme

Thibault saint olive

Directeur Administratif et Financier

Thibault Saint Olive est diplômé de l’Institut Supérieur de Gestion (ISG). Il débute sa carrière en tant que Contrôleur de gestion à la Banque Populaire, avant d’intégrer Mazars en 2010 au poste de Manager Audit financier, spécialisé dans le secteur des Assurances. Il devient 6 ans plus tard Directeur Admnistratif et Financier de Linxea, avant de rejoindre Wakam (ex-La Parisienne) en tant que Head of Finance. Il est depuis janvier 2022, le Directeur Administratif et Financier de Solucia Protection Juridique. Thibault a la charge du contrôle de la rentabilité et de la solvabilité de l’entreprise, du pilotage des flux financiers et de la gestion des fonds.

anne davillé

Directrice Marketing & Experience Client

Anne Davillé a obtenu un Master de commerce à Audencia. Elle débute sa carrière chez Carat en tant que responsable clients, puis intègre Havas Media en 2005 en tant que Directrice de clientèle. Elle rejoint Generali en 2008 où elle occupe différents postes, notamment celui de Manager marketing digital, chef de projet relation client ou Head of Client relationship management chez Global Corporate & Commercial. Elle est depuis octobre 2021 Directrice Marketing & Expérience client chez Solucia Protection Juridique. Elle est à ce titre, responsable du développement des leviers digitaux et des offres au service des clients et des partenaires, ainsi que de la plateforme de la marque.

emmanuelle thiesson

Directrice de Développement

Emmanuelle Thiesson a obtenu un diplôme en Economie rurale à l’Université de Montpellier. Elle débute sa carrière d’assureur chez Assurinco en tant que Responsable Grands Comptes, puis intègre Mapfre, en tant que Directrice commerciale du pôle Travel, puis Directrice du support client. C’est en 2018 qu’elle devient Innovative partnerships affinity insurance chez Wakam (ex-La Parisienne). Elle a rejoint en février 2022 Solucia Protection Juridique au poste de Directrice du Développement et est, à ce titre, responsable de la stratégie de croissance.

thomas gontard

Directeur Indemnisations et Services

Thomas Gontard a obtenu un DEA en droit fiscal à l’Université de Panthéon- Sorbonne. Il débute sa carrière chez Synerfil en tant que Directeur des centres d’appel, avant de rejoindre Apria, puis Assor France en tant que Responsable des services client. Il rejoint Solucia Protection Juridique en 2015 en tant que Responsable du service Renseignement Juridique. Il est depuis 2019 Directeur de l’Indemnisation et des Services. Il pilote la qualité des prestations délivrées par l’équipe des juristes.

Cécile Tardieu

Directrice Générale

Cécile Tardieu est diplômée de l’Ecole des Mines de Nancy et de l’ENSAE (1996). Elle débute chez Axa où elle exerce les fonctions d’actuaire à l’international puis de souscriptrice grands comptes affinitaires. En 2002, elle intègre le groupe Generali au sein duquel elle occupe diverses fonctions notamment celle de responsable du marketing produits, responsable du développement des offres affinitaires et de Directrice marketing et relation client au sein de l’entité Global Corporate & Commercial. Elle intègre Wakam (ex-La Parisienne) en 2016, en tant que Directrice des Partenariats, avant de rejoindre Solucia Protection Juridique en février 2020 au poste de Directrice de la Transformation, de l’Audit interne et des nouveaux marchés. Elle est depuis juillet 2021 Directrice Générale de l’assureur.

LAURENT SENGIER

Président du directoire

Laurent Sengier, a obtenu un diplôme d’expert en Management Financier à l’ESG. Il débute sa carrière en tant que Directeur Administratif et Financier au Groupe ICIRS (Retraite, Prévoyance, Santé), avant de rejoindre La Tutélaire en 2010. Il devient Directeur Financier Opérationnel de Chorum en 2013, et rejoint Solucia Protection Juridique, en tant que Directeur Administratif et Financier en 2018. Il prendra la Direction Générale de l’assureur en 2020, puis sa Présidence en juillet 2021.