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Actualités de décembre 2025

Alerte droit des personnes

Précisions de la cour de cassation

Rappel des règles applicables

En application de l’article L. 2312-59 du Code du travail, le CSE peut faire jouer un droit d’alerte aux droits des personnes suivant les modalités suivantes :

« Si un membre de la délégation du personnel au comité social et économique constate, notamment par l’intermédiaire d’un travailleur, qu’il existe une atteinte aux droits des personnes, à leur santé physique et mentale ou aux libertés individuelles dans l’entreprise qui ne serait pas justifiée par la nature de la tâche à accomplir, ni proportionnée au but recherché, il en saisit immédiatement l’employeur.

Cette atteinte peut notamment résulter de faits de harcèlement sexuel ou moral ou de toute mesure discriminatoire en matière d’embauche, de rémunération, de formation, de reclassement, d’affectation, de classification, de qualification, de promotion professionnelle, de mutation, de renouvellement de contrat, de sanction ou de licenciement.

L’employeur procède sans délai à une enquête avec le membre de la délégation du personnel du comité et prend les dispositions nécessaires pour remédier à cette situation.

En cas de carence de l’employeur ou de divergence sur la réalité de cette atteinte, et à défaut de solution trouvée avec l’employeur, le salarié, ou le membre de la délégation du personnel au comité social et économique si le salarié intéressé averti par écrit ne s’y oppose pas, saisit le bureau de jugement du conseil de prud’hommes qui statue selon la procédure accélérée au fond.

Le juge peut ordonner toutes mesures propres à faire cesser cette atteinte et assortir sa décision d’une astreinte qui sera liquidée au profit du Trésor. »

Quels étaient les faits ayant donné lieu au litige ?

Un élu du CSE déclenche un droit d’alerte après avoir constaté que l’employeur a produit un faux « avenant au contrat de travail » dans le cadre d’un litige prud’homal l’opposant à un salarié au sujet de son positionnement conventionnel.

Pour l’élu, cette manœuvre de l’employeur participe de la dégradation des conditions de travail au sein de l’entreprise et témoigne de l’existence d’un harcèlement moral subi par le salarié et par d’autres dans l’entreprise.

Le membre du CSE met également en avant à l’appui de son droit d’alerte l’absence d’accès à la BDESE, l’empêchant d’exercer ses missions de lutte contre la discrimination salariale, et portant atteinte au droit de participation des salariés et une atteinte aux droits des personnes puisque les salariés ne disposaient pas des informations nécessaires au respect de leurs droits en matière de rémunération.

Dans son courrier d’alerte, l’élu du CSE fait état du harcèlement moral subi par le salarié et relate aussi la situation d’un autre salarié. Dans le cadre de son action en justice, l’élu du CSE invoque en plus des faits de harcèlement moral concernant deux autres salariés de l’entreprise.

L’employeur conteste l’exercice de ce droit d’alerte et le CSE saisit le Conseil des prud’hommes, en parallèle de la propre action en justice du salarié.

Un syndicat se joint à l’élu du CSE dans son action en justice à l’encontre de l’employeur.

Les juges du fond déclarent l’action du CSE irrecevable au motif que le salarié ayant déjà saisi les prud’hommes afin de faire valoir ses droits, le CSE n’a pas d’intérêt à agir concernant son droit d’alerte.

En outre, ils rejettent la demande au titre de l’absence de BDESE, au motif que l’absence d’accès à cette base n’entre pas dans les prévisions du droit d’alerte, n’ayant aucun lien avec une atteinte aux droits des personnes.

Enfin, les juges du fond considèrent que, s’agissant de la dénonciation d’une atteinte aux droits de salariés, le courrier d’alerte de l’élu du CSE fixe les limites du litige, de sorte qu’il ne peut pas se prévaloir de la situation d’autres salariés que ceux mentionnés dans ce courrier.

Les juges du fond estiment en outre que l’action syndicale est irrecevable au motif que l’action en justice prévue en cas d’échec de l’alerte n’appartient qu’au salarié ou à l’élu du CSE si le salarié ne s’y oppose pas et que le droit d’agir en justice des syndicats pour la défense de l’intérêt collectif de la profession, d’ordre général, ne peut y faire échec.

Un pourvoi en cassation est formé.

Quelle est la solution dégagée par la Cour de cassation ?

  • Sur la recevabilité de l’action du CSE

 

La Cour de cassation casse l’arrêt de la Cour d’appel au motif que l’exercice par un élu du CSE du droit d’alerte en cas d’atteinte aux droits des salariés n’est pas subordonné à l’absence d’action aux prud’hommes du salarié, concerné par l’atteinte invoquée, pour faire valoir ses droits.

Autrement dit, l’action en justice individuelle du salarié afin de faire valoir ses droits ne fait pas obstacle à la mise en œuvre du droit d’alerte du CSE en vue de faire cesser l’atteinte à ces droits.

 

  • Sur l’accès à la BDESE

 

La Cour de cassation rejette l’argumentation de l’élu du CSE et confirme la position de la Cour d’appel.

Elle estime que les demandes relatives à l’accès à la BDESE et aux informations qu’elle contient n’entrent pas dans le champ d’application de l’article L. 2312-59 du code du travail relatif au droit d’alerte du CSE en cas d’atteinte aux droits des personnes.

 

  • Sur le périmètre de l’alerte

 

La Cour de cassation casse l’arrêt de la Cour d’appel sur ce point.

Elle estime qu’en l’absence de formalisme exigé pour saisir l’employeur, le courrier d’alerte de l’élu ne fixe pas les limites du litige.

Il en résulte que l’élu du CSE peut se prévaloir devant le juge de la situation d’autres salariés, concernés par l’atteinte alléguée dans son écrit, que celle des salariés mentionnés dans cet écrit.

 

  • Sur l’action syndicale

 

La Cour de cassation censure à nouveau le raisonnement des juges du fond au motif que l’atteinte aux droits des personnes porte un préjudice à l’intérêt collectif de la profession, de sorte qu’un syndicat est recevable à se joindre à l’action engagée par un élu du CSE au titre de son droit d’alerte.

L’affaire est ainsi renvoyée devant la Cour d’appel autrement composée pour être jugée à nouveau.

Nathalie Audier, juriste
nathalie audier

Juriste

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index égalité
hommes/Femmes

chez Solucia SPJ

95 / 100 : c’est la note obtenue par l’UES pour l’index égalité professionnelle femmes – hommes pour 2024

Indicateur d’écart de rémunération entre les femmes et les hommes : 36/40

Indicateur d’écart de taux d’augmentations entre les femmes et les hommes : 35/35

Indicateur de pourcentage de salariées augmentées dans l’année suivant leur retour de congé maternité : N/A

Indicateur du nombre de salariés du sexe sous-représenté parmi les 10 plus hautes rémunérations : 10/10

Poignée homme femme

Thibault saint olive

Directeur Administratif et Financier

Thibault Saint Olive est diplômé de l’Institut Supérieur de Gestion (ISG). Il débute sa carrière en tant que Contrôleur de gestion à la Banque Populaire, avant d’intégrer Mazars en 2010 au poste de Manager Audit financier, spécialisé dans le secteur des Assurances. Il devient 6 ans plus tard Directeur Admnistratif et Financier de Linxea, avant de rejoindre Wakam (ex-La Parisienne) en tant que Head of Finance. Il est depuis janvier 2022, le Directeur Administratif et Financier de Solucia Protection Juridique. Thibault a la charge du contrôle de la rentabilité et de la solvabilité de l’entreprise, du pilotage des flux financiers et de la gestion des fonds.

anne davillé

Directrice Marketing & Experience Client

Anne Davillé a obtenu un Master de commerce à Audencia. Elle débute sa carrière chez Carat en tant que responsable clients, puis intègre Havas Media en 2005 en tant que Directrice de clientèle. Elle rejoint Generali en 2008 où elle occupe différents postes, notamment celui de Manager marketing digital, chef de projet relation client ou Head of Client relationship management chez Global Corporate & Commercial. Elle est depuis octobre 2021 Directrice Marketing & Expérience client chez Solucia Protection Juridique. Elle est à ce titre, responsable du développement des leviers digitaux et des offres au service des clients et des partenaires, ainsi que de la plateforme de la marque.

emmanuelle thiesson

Directrice de Développement

Emmanuelle Thiesson a obtenu un diplôme en Economie rurale à l’Université de Montpellier. Elle débute sa carrière d’assureur chez Assurinco en tant que Responsable Grands Comptes, puis intègre Mapfre, en tant que Directrice commerciale du pôle Travel, puis Directrice du support client. C’est en 2018 qu’elle devient Innovative partnerships affinity insurance chez Wakam (ex-La Parisienne). Elle a rejoint en février 2022 Solucia Protection Juridique au poste de Directrice du Développement et est, à ce titre, responsable de la stratégie de croissance.

thomas gontard

Directeur Indemnisations et Services

Thomas Gontard a obtenu un DEA en droit fiscal à l’Université de Panthéon- Sorbonne. Il débute sa carrière chez Synerfil en tant que Directeur des centres d’appel, avant de rejoindre Apria, puis Assor France en tant que Responsable des services client. Il rejoint Solucia Protection Juridique en 2015 en tant que Responsable du service Renseignement Juridique. Il est depuis 2019 Directeur de l’Indemnisation et des Services. Il pilote la qualité des prestations délivrées par l’équipe des juristes.

Cécile Tardieu

Directrice Générale

Cécile Tardieu est diplômée de l’Ecole des Mines de Nancy et de l’ENSAE (1996). Elle débute chez Axa où elle exerce les fonctions d’actuaire à l’international puis de souscriptrice grands comptes affinitaires. En 2002, elle intègre le groupe Generali au sein duquel elle occupe diverses fonctions notamment celle de responsable du marketing produits, responsable du développement des offres affinitaires et de Directrice marketing et relation client au sein de l’entité Global Corporate & Commercial. Elle intègre Wakam (ex-La Parisienne) en 2016, en tant que Directrice des Partenariats, avant de rejoindre Solucia Protection Juridique en février 2020 au poste de Directrice de la Transformation, de l’Audit interne et des nouveaux marchés. Elle est depuis juillet 2021 Directrice Générale de l’assureur.

LAURENT SENGIER

Président du directoire

Laurent Sengier, a obtenu un diplôme d’expert en Management Financier à l’ESG. Il débute sa carrière en tant que Directeur Administratif et Financier au Groupe ICIRS (Retraite, Prévoyance, Santé), avant de rejoindre La Tutélaire en 2010. Il devient Directeur Financier Opérationnel de Chorum en 2013, et rejoint Solucia Protection Juridique, en tant que Directeur Administratif et Financier en 2018. Il prendra la Direction Générale de l’assureur en 2020, puis sa Présidence en juillet 2021.